Levée de doute

Plus d’un mois sans écrire (des manuscrits à oublier, une nécessaire mise à distance), à l’exception d’un texte de quatre-mille signes pour la revue Cockpit, à paraître en décembre. À part ça, rien. Puissances mythologiques, et des chaînes d’abattage. Actualités et couvre-feu. Le chant des sirènes qui s’est éteint, j’ai fait du tri dans mes archives. Électroniques. Détruire, déplacer, renommer, sauvegarder. Se lever, aller à la cuisine, faire la liste des courses. Et commander en ligne. Les heures du jour, un verre de vin. Assis, debout, couché, debout. À la fenêtre et confiné. Ce qui a lieu, l’œil et la chair. Un shot de Gin et nos nuits blanches. L’obscurité pleine de silence, et l’écran du iMac. YouPorn sans le son et j’ai ouvert des livres. Des témoignages de guerre, je me suis remis à courir. Téléchargé l’attestation, et c’est peut-être un mot. De déplacement dérogatoire, je croise des sentinelles. Dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre — énergie temps passé pensé les yeux ouverts à soi — autour du domicile. Douleurs dans le tendon d’Achille, la matière littéraire. Strap de maintien et baume du tigre. Jambe gauche, toute civilisation et au cœur de la ruine. Voilà. Nous sommes le lundi 23 novembre 2020, et je suis à Paris. Ciel nuageux, j’écoute Richie Hawtin. Watergate Berlin, c’était en 2012. Année internationale de l’énergie durable pour tous, ce qui se réalise. J’ai lu, ce matin, la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies (Pascal, Divers traités de piété, 1666). Destruction du corps, de la vie et du monde, on ne va pas s’ennuyer. Quelqu’un dit ce n’est pas l’échange avec d’autres personnes qui me fait chier, c’est plutôt le fait d’avoir à expliquer mes choix. Mordre des carotides, dans la lumière solaire. Planter sa tente sur le terre-plein central du parking de l’hypermarché d’une zone périurbaine, c’est un putain de programme. Essayer dire (merci Beckett), il est temps désormais. Dynamique est actée, se remettre au travail.