Magasin général (de l’Univers)

Une ville. Un homme qui écrit Paris-Plage. Une femme qui dessine des vêtements. Deux appartements, un voyage en septembre. Dans les Alpes-Maritimes et pour un mois. Une bagnole de location et des poches de sang. Les hôtels, les restaurants, la plage, le sexe. Des codes idéologiques et du café sur un t-shirt. Les dieux nouveaux, des choses obscènes. N’importe quelle minute sur n’importe quelle chaîne d’info en continu, c’est obscène. Une bande de gazon pas encore déroulée, et dans son emballage. Le ministre de la Santé menacé par une présence surnaturelle. La lecture de grilles de loto par des acteurs qui s’avancent tour à tour au centre de la scène, billet en main, énoncent la date du jeu, les numéros et le montant du gain, s’il s’agit d’un billet gagnant. Une série d’autoportraits au masque postés sur Instagram. Je ne ressemblais à rien, ou à une merde. Une merde qui peut encore marcher librement dans la rue, mais pour combien de temps ? Une merde qui, fin août, aura écrit trois-cent-mille signes d’un roman dont le potentiel commercial est à peu près nul. Un futur antérieur, et je cite Homère : À ceux qui fuient ne viennent ni la puissance ni la gloire. Des processus de destruction, je ne sais rien de l’état du monde. Des héritages irrecevables, des discours inaudibles et sur les fins. Des scénarios de reconfinement, pisser sur Alexandra Rose. Je veux disparaître en toi, ai-je dit pendant qu’elle me suçait la queue. Des soins naturels à base d’algues, un mégot dédicacé par Damien Hirst, les âmes aussi. Les fiches Wikipédia de personnes dont je n’ai strictement rien à foutre, mais qu’il m’arrive de lire. Un véhicule URGENCE GAZ garé devant l’hôtel Grand Amour, parce que je suis à la fenêtre et une bière à la main. Le technicien appelé sur cette intervention a-t-il le droit d’être anéanti par le chagrin ? Des fouilles archéologiques préventives, des programmes de travaux. Un vendeur Décathlon qui se shoote dans une tente exposée au rayon camping et fait une overdose. La première bande annonce de la série française Révolution dévoilée sur Netflix. Le rapport au passé, et sans doute fallait-il. Finir.