Ligne de nerfs

Voile nuageux, les bruits de la rue. Je fais une crise d’angoisse. L’unité narrative, la distance observée. J’écoute un solo de Yoshiki, le batteur de X Japan. Je tombe sur des photos d’Alex et moi prises au photomaton du Métro Bonne-Nouvelle, il y a un an, qui me servent de marque-page. Je mets du porno sans le son. L’exception seule, règles qu’elle abolit. J’ai mal au dos, j’ai l’impression que l’immeuble s’affaisse. Je surveille les fissures, j’avale un Doliprane. Le corps secoué, au bord de la rupture. La limite est atteinte, le lieu toujours le même. Un destin qui s’épuise, ce qui se passe ici. Comme une descente de coke. Une sorte de fièvre mais blanche. Proche épuisement et vibrations. Désert abstrait, quitter Paris. La certitude d’avoir manqué. S’évanouir dans le futur, assurance effrayée. De médiocres affaires et des puissances abstraites. Il va falloir s’éteindre. Clinique et syncope. Phrase sèche. Mâchoires crispées, grincements de dents. Un pigeon mort dans un bocal en verre. Raidi dégoût presque aussitôt l’excitation et la lumière. Rêve et pari. De tous les mots, il reste à dire. Le studio McQueen brode des fleurs rares et menacées, Alexandra se fait un café. Ça va ? Oui et toi ? Bien. Elle dit tu es pâle. Elle boit son café. Elle lit ses mails. Elle va à la fenêtre. Des flics font dégager le SDF devant le Grand Amour. Elle dit les cendres de mon père sont au crématorium de Valence. Qu’est-ce que tu vas en faire ? J’en sais rien. Les faire disperser quelque part. Un passeur d’âme qui sort masqué. Elle prend une douche et elle s’habille. Elle met son blouson et ses Ray-Ban. Elle dit je vais à Monoprix. Tu veux quelque chose ? Je dis non. Elle sort. Je prends une bière dans le frigo. Je bois un shot de Mezcal. Je mets un disque sur la platine. Je mange un reste de jambon. Je regarde la vaisselle dans l’évier. Je me dis qu’il faut que je lave du linge. Le ventre ouvert je mets un Jean. L’épreuve du vide et qu’est-ce qui tue ? Les faits que je rapporte, et peut-être hors de tout.