Aveugle et sauvage

Le temps qu’il fait. La voix d’Alexandra. Ce matin je suis sortie. Le silence qui suit. Je la regarde. Pantalon de jogging, t-shirt, blouson en jean. Elle met du vernis sur ses ongles. Bleu. Elle dit je me suis levée avec une ride. Elle dit d’autres miroirs. Elle essuie le pinceau sur l’intérieur du flacon. Elle étale le vernis. Elle lève la tête. Elle dit je veux te voir. Je veux ta bite. Histoire d’une maladie, il y avait parmi nous. L’empire du luxe et couvre-feux. Talons aiguilles et Paris-Plage. Le son, le souffle et une dose de Mezcal. Un homme, une femme et surtout pas de pression. Relax. Netflix et lave ton linge, si t’es pas bien t’appelles le 15. Identité sociale, pas de métaphysique. Carte vitale, concepts opératoires. Un pyromane et une princesse, dans un F2 à République. Fait le tour de son canapé, vomit sur son pitbull. Se découpe le visage au scalpel, la princesse rit et lèche le sang. Assertions idéologiques, sitcom et film de boule. Un ministre effondré, qui passe au maquillage. Il se met à trembler, tragique et dérisoire. Son chef de cabinet, hagard, se fait une ligne à BFM. Stratégies d’amplification, l’excès module les actes. Autre scène et là-bas. Marginalité urbaine, et célébrer le culte. Rimbaud se fait sucer par une afghane sans-papiers, porte de la Chapelle. Une infection qui traîne, des révoltes qui grondent. Le roi décapité qui déambule dans son palais, sa tête à la main. Il cherche ses lunettes, se prend les pieds dans un tapis. Des tableaux sur les murs, habités par des noms. L’inscription sur la page, le sujet sous contrainte. Des figures marginales, des silhouettes anonymes. Junkie n’a pas sa dose, se résigne aux ténèbres. Des motifs génériques, c’est toujours la même chose. Le triomphe et la mort du héros. Condoléances et cérémonie. Vivait en plein dans son époque, et décomposition. Résurrection du corps, démons et simulacres, ombres funestes et le sceau du langage. L’omniprésence de la préoccupation picturale, me mène au bout. Le rire des Dieux, le monde comme fable. Le beau, l’odieux et l’abonnement au câble.