Dans un éclat crépusculaire

Levé à six heures, jeté mes notes. Chargement d’images sur mon site web, mise à jour des Plugins. Lecture des premières pages de Camille vient à Paris et elle repart, mais aussi de l’ouverture de Voilà. Chaque jour qui passe, la vie future. Du devenir, c’est arrivé. Du même auteur, merci beaucoup. Envie de tuer, après les circonstances que je viens de rappeler. Épuisé par le manque de sommeil, un danger grave et imminent. Quelque chose de pourri, qui s’accroche aux viscères. Debout dans une pièce vide, solitude agitée. Les murs couverts de graisse, de lubrifiant, d’huile de moteur. Viscosité, ça dégouline. Absence de hiérarchie spatiale, Robert Ryman sur mon écran. Robert Ryman ça ne sent pas. I just played around, confie-t-il à Yve-Alain Bois en 1990. Ce que la parole profère, défilement des sous-titres. Sons et images, depuis toujours. DJ Hell chez TweakFM à Copenhague, There is no Planet Earth. Flaques d’eau sur le bitume, une épopée tragique. Chaise électrique, une grisaille printanière. Douleurs dans les cervicales, l’expérience littéraire. Des messages parasites, de sorte que les hommes. Voiles endeuillés, les derniers mots du condamné. Jane, Grace et tout le monde ici présent, je sais que vous pensez que je suis coupable, mais laissez moi vous dire une chose : il y a eu deux tests ADN et aucun ne m’a convaincu – William Chappell, exécuté le 20 novembre 2002. Mouvements qui conduisent à se foutre dans la merde, manger de la queue de bœuf aux truffes, se branler devant J’encule ma salope préférée sur YouPorn. Rapports contradictoires, étude des statistiques. « Le corps humain est inviolable » (article 16-1 du Code civil), La Croissance du fœtus. Échographie, l’organe à explorer. Gel froid appliqué sur la peau, améliorer le contact avec la sonde. Les quatorze sculptures en bronze que Damien Hirst installe au Quatar représentent les étapes de la gestation, ça date de 2013. Œuvre monumentale intitulée « Le voyage miraculeux », crainte et émerveillement (je cite l’artiste). Les fils de putes sont tous des enculés, je ne vois pas où est le miracle. Le voyage, en revanche, ça me dit quelque chose. Liberté immuable, justice sans limites, terreur et effroi, bordure protectrice, tempête du désert, détermination absolue, aube d’une Odyssée, frappe du dragon. Exhumations sinistres, les photos exclusives. Villes bombardées à l’agonie, des cris plaintifs. L’âme du coyote, des sas de confinement. Bandes frontalières, barrières de séparation. Clôtures intelligentes et détecteurs électroniques, superpuissances et superpouvoirs. Systèmes de protection multicouches et tracés parallèles. Panneaux en béton de neuf mètres de haut, ce qui s’engage dans le récit. Zones militaires, points de contrôle. Odeur de poudre, machine de guerre mondiale. Un éternel agenouillement, pour s’achever en solitude. Pourquoi t’essayes pas d’écrire du porno ? dit Hank à l’exterminateur. Chute dérisoire, une onde de choc s’épuise dans sa répétition. Conditions misérables, la spirale de la dette. Un mot suivi d’un autre, pour désigner ce qu’est écrire. Des perspectives cosmiques, mourir en triomphant. Ben mon pote, ça c’est du positif ! Élaboration des chapitres, nés dans la langue française. Je me suis mis à scander mes phrases en donnant des coups de poing sur le Mac, au mois de décembre 2018. Rythme sain, saisissant, expressif. Humour décapant, ce fut un vrai triomphe. Rupture d’un tendon fléchisseur et deux jours à l’hosto. Opéré dans la nuit. Couloirs déserts, bien avant le petit-déjeuner. Ma main valide tient le pied de la perfusion, je cherche une machine à café. Le vieillard avec qui je partage la chambre vient de se pisser dessus, je me sens euphorique. Comment savoir si vous n’êtes pas dingue ? me demande une infirmière. Vertige de l’anéantissement, béatitude des épileptiques. Champ de vision saturé, parce qu’elle s’approche de moi. Ses yeux plantés dans les orbites, ses joues rondes, ça déborde de chair. C’est vrai, lui dis-je, comment le savoir ? Tu n’as pas la voix de quelqu’un qui va bien, affirme-t-elle avec sa bouche. « Image-ventouse », abus de gros plans dans le cinéma contemporain. La bonne distance, j’ai besoin d’air. Panoramique à la grue, c’est beau à couper le souffle. Ici, là-bas, la charge victorieuse. Béance sur laquelle enchaîner les signes, la liste est longue. Sommeil, sexualité, le sang précieux, les anges déchus, les niches intimes, les cavaliers lancés dans la plaine au galop, ça y est ils arrivent. Ça se termine avec un cancer du rectum, ou quelque chose comme ça. Je fais référence à Antonin Artaud, recroquevillé au pied de son lit. Mort. Les tombeaux en beauté, tous les êtres possibles. La terre battue, le balcon d’un hôtel. Vérification incessante de ce qui me relie au songe, un attroupement. Ceux-ci lui disent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur dit : Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis. Ah merde ! Le tableau retourné, l’étreinte se relâche un instant.