Parti de la guerre totale

Je me réveille avec des envies de meurtre. Nuit de merde, de l’acide dans les yeux. Techno transe, c’était aussi. Puissance de feu, ce que beaucoup désirent. Oubli de soi, valeur de soi. Aveuglement, nécessité, meneurs de l’humanité. Mouvements fluides, empreints de solennité. Ultra-conservateurs affublés de toutes sortes de titres, libérateurs enracinés. Valeurs traditionnelles, le chant des hyènes. Charognards et rebus, j’ai niqué ta mère. Neiges qui fondent, économie de l’ensemble. Dépêches de l’enfer, ça fait longtemps que je suis aspiré. Café au Fontenoy, tintement des tasses dans le panier du lave-vaisselle. Bruit des conversations, te fatigue pas ma couille. T’es où ? dit un homme en scannant son billet, téléphone sur l’oreille. Bip de la borne de lecture optique, situation de péril vital. La Française des Jeux s’engage pour une « pratique modérée du jeu d’argent », un Jackpot sur le sol. Gratté, perdu. Papiers froissés, emballages de sticks de sucre en poudre tout le long du comptoir. Nietzsche à la caisse, joue à l’Euromillons. Son diable sur le trottoir, le chantier n’est pas loin. Col relevé du manteau à doublure mouton, mitaines noires piquées de poussière blanche. Moustache frémissante, un serveur passe le balais. Des postiers entrent dans le bar, vestes hiver bleues et jaunes. Bandes rétro-réfléchissantes, deux poches basses pour Smartphone. Lecture de certains passages de la dernière version d’Erotik Résistance sur mon Samsung, je reprends un café. Avancées et retraites, stratégies impériales, politiques d’extermination. Train fantôme, la femme à tête fendue assise à côté de moi. Cris effrayants, pure escroquerie. Berceuse ou comptine pour enfants, peurs primaires, monstres sous le lit, clowns malveillants. Notes cristallines d’une boîte à musique, gimmick du film d’horreur. Sens et tonalité des scènes, jeux de couleurs saturés, un mode exacerbé. Ailleurs, maintenant, toujours. Serpents nourris de rats, peaux qui sèchent et accessoires de luxe. Veste en Python de Nicolas Cage dans Sailor & Lula, êtres étranges venus d’ailleurs. Lula tire une bouffée de sa More avant de la jeter par la fenêtre, déclin du politique. Sailor embrasse Lula et passe sur la banquette arrière, une esthétique de la béance. Moteur route essence saisissant décalé, les flammes qui dansent. Bruitages bourdonnants et baroques, une prise en considération de l’individu. Que devons-nous faire ? la question demeure. Aucun intérêt pour l’avenir (il me semble l’avoir déjà dit), revoir le logiciel. Systèmes de pouvoir, dans les limites de nos capacités. Une cliente du magasin Marks & Spencer de La Défense affirme lire le nom d’Allah sur du papier toilette triple épaisseur, enrichi à l’Aloe vera. Pétition dénonçant une tentative d’insulter l’islam, le papier est retiré de l’ensemble des magasins français. Cependant, c’est alors. L’un des postiers fit un malaise, s’écroula sur le sol. Position latérale de sécurité, services d’urgence. Je me rendis au G20, j’achetai de la Cristaline. Les eaux de la marque proviennent de trente-deux sources, propriété du groupe Alma. Court échange avec la caissière enrhumée (le froid, les courants d’air, la bonne journée), vue claire de la seconde à laquelle je cesserai d’exister. Espérant qu’à la fin je verrai le chemin. Investigation générale de ce qui relève du domaine des morts, la teinte de la page vierge. Un pur esprit, blanchi de toute particularité physique. Sirène d’un véhicule de police, tout s’enchaîne avec une rapidité surprenante. Ontologie du sensible, accompagner mes représentations. « A few things I want to share with you, my Paris friends. » Titre d’une exposition de Jonas Mekas à la Galerie du Jour, c’était en 2009. Captation d’une vie marquée par l’errance, journal filmé. Espace autobiographique transnational, Je n’avais nulle part où aller. I know this place, this is my room.